Note d’analyse

Baisse de la natalité : adapter les politiques familiales sans normer les choix

La France connaît, depuis 2010, une baisse de sa natalité caractérisée par un recul prononcé du nombre de naissances et par un niveau historiquement bas de la fécondité. Ce mouvement place la France dans une trajectoire proche de celle observée dans la plupart des pays européens durant les deux dernières décennies, dont la fécondité s’établit désormais bien en deçà du seuil de renouvellement des générations.

Publié le : 05/05/2026

Temps de lecture

5 minutes

Autrices

Télécharger la note d'analyse 160

La France dispose pourtant d’un système ancien de politiques publiques en direction des familles relativement généreux et diversifié, qui combine transferts monétaires, dispositifs fiscaux, congés autour de la naissance et services d’accueil du jeune enfant. Le repli récent de la natalité intervient en dépit de ces politiques, ce qui invite à déplacer l’analyse : l’enjeu n’est pas tant le niveau global de soutien que l’architecture même de ses instruments, leur articulation, ainsi que leur capacité à répondre aux contraintes rencontrées par les parents au moment de l’entrée dans la parentalité – et anticipées dans leurs projections familiales.

Les instruments des politiques familiales sont hétérogènes par leurs objets et leurs mécanismes, avec des effets variés sur la natalité. Les prestations financières – jouant un rôle important de soutien du niveau de vie – présentent des effets limités et souvent transitoires sur la fécondité. À l’inverse, les politiques qui réduisent les coûts et l’incertitude liés à l’accueil d’un nouveau-né, en particulier celles qui sécurisent l’organisation de la garde et les trajectoires professionnelles, semblent davantage en mesure de soutenir la réalisation des projets parentaux, et ce d’autant plus qu’elles sont compatibles avec l’emploi féminin et l’égalité entre les femmes et les hommes. Dans ce contexte, la question posée aux pouvoirs publics n’est pas celle d’un objectif quantitatif de naissances, mais celle de la cohérence des politiques familiales et des leviers à privilégier. Face à la tendance actuelle de dénatalité, il s’agit d’identifier les politiques les plus à même de soutenir les conditions d’accueil d’un enfant souhaité, sans remettre en cause les droits sexuels et reproductifs, sans imposer de normes familiales, et en tenant compte des contraintes budgétaires et des effets de long terme des différents instruments mobilisés.

Répartition de l'offre d'accueil formel en 2013 et 2022

Note : les données de l’Onape (Observatoire national de la petite enfance) sur le nombre d’enfants de moins de 3 ans sont différentes de celles de l’Insee, qui sont inférieures. Ces dernières réduiraient le solde théorique non couvert. Par cohérence entre l’ensemble des données de l’Onape, nombre d’enfants et nombre de places disponibles, l’analyse à partir des données de l’Onape est ici privilégiée.

Sources : Cour des comptes (2024), La politique d’accueil du jeune enfant, décembre, p. 32 ; calcul de la Cour des comptes, d’après les rapports annuels de l’Onape

Les opinions exprimées engagent leurs auteurs
et n'ont pas vocation à refléter la position du gouvernement.

Téléchargement

Citer ou exporter

Citer cette publication

APA
Boinet, C., & Desaunettes, C. (2026, mai). Baisse de la natalité : adapter les politiques familiales sans normer les choix (La Note d’analyse, n° 160). Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan.
MLA
Boinet, Césarine, et Constance Desaunettes. Baisse de la natalité : adapter les politiques familiales sans normer les choix. La Note d’analyse, no. 160, Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, mai 2026.
ISO 690
BOINET, Césarine et DESAUNETTES, Constance, 2026. Baisse de la natalité : adapter les politiques familiales sans normer les choix. La Note d’analyse, n° 160. Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, mai.

Autres options d'export

Pour aller plus loin

Suivez-nous sur les réseaux sociaux et Abonnez-vous à notre lettre d’information