Infographie/datavisualisation Où réduire le poids de la dépense publique ? Macroéconomie Finances publiques Protection sociale Réduire le poids des dépenses publiques de 3 points de PIB en cinq ans est un objectif ambitieux, mais réalisable si l’on se fie à l’expérience de nos voisins européens. Il suppose cependant de consentir des efforts importants, notamment sur les dépenses d’administration générale et sur le soutien à l’économie marchande, et de modérer la progression des dépenses sociales. Publié le : 01/02/2019 Mis à jour le : 19/12/2024 Transcription Fermer la transcription Où réduire le poids de la dépense publique ? « L’exception » française Les dépenses publiques de la France représentent 56,5 % du PIB en 2017. Écart à la moyenne des pays nordiques+ 3 points Écart à la moyenne des 11 pays de l'échantillon (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, Italie, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni Suède)+ 8 points Écart à la moyenne de l'Union européenne+ 13 points Où la France dépense plus ? Prestations monétaires : retraites, chômage, minima sociaux et allocations familiales…20 % du PIB (+ 4,3 points par rapport à la moyenne)Pourquoi ? Le choix d’un système de retraite par répartition entièrement public. Services sociaux et culturels : santé, éducation, loisirs et activités culturelles…17 % du PIB (+ 0,4 point par rapport à la moyenne)Pourquoi ? Pour le poste santé, l’écart à la moyenne européenne représente à lui seul + 1 point de PIB. Services généraux : défense, police, justice et administration générale (État et collectivités territoriales)9 % du PIB (+ 1,1 point par rapport à la moyenne)Pourquoi ? Les dépenses militaires sont sensiblement supérieures à la moyenne du fait de la détention de l’arme nucléaire. Soutien à l’économie : subventions et transferts aux entreprises et investissement public (hors social et régalien)6 % du PIB (+ 1,7 % point par rapport à la moyenne)Pourquoi ? Une propension plus forte qu’ailleurs à soutenir l’économie marchande par la dépense publique. La réponse relève d’un choix politique. France Stratégie éclaire trois scénarios possibles ayant pour objectif une baisse « structurelle » des dépenses publiques de 3 points de PIB sur cinq ans. Scénario 1 : Les dépenses sociales et régaliennes sont préservées Ce scénario revient à faire porter l’intégralité de l’effort budgétaire sur l’administration générale et sur le soutien à l’économie, soit un quart des dépenses. L'objectif est-il atteint ? Le scénario est-il réaliste ? Non. L’investissement local devrait par exemple être divisé par 2. À quelles conditions ? – 2 points de PIB sur le soutien à l’économie et – 0,8 point sur l’administration générale. Scénario 2 : Les dépenses d'éducation et de défense augmentent Ce scénario maintient la préservation des dépenses sociales, sauf celles liées à la santé, et modère les efforts sur l’investissement public. L'objectif est-il atteint ?Le scénario est-il réaliste ? Il faudrait en passer par des déremboursements ou une baisse de la prise en charge des soins. À quelles conditions ? – 1,6 point de PIB sur le soutien à l’économie et – 0,8 point sur l’administration générale. Scénario 3 : Des efforts modérés sont consentis sur les dépenses sociales Ce scénario plus équilibré projette une baisse modérée des dépenses sociales tout en augmentant les dépenses d’éducation et de défense. Il préserve l’investissement local pour préparer la transition écologique et modère l’effort sur la santé. L'objectif est-il atteint ? Le scénario est-il réaliste ? Oui À quelles conditions ? – 1,1 point sur le soutien à l’économie, – 0,6 point sur l’administration générale et – 0,9 point sur les prestations monétaires (retraites et aides sociales) Conclusion Réduire la dépense publique de 3 points de PIB n’est donc pas impossible moyennant de gros efforts sur les dépenses qui ne font pas l’objet de choix collectifs conscients – dépenses d’administration générale et aides à l’économie marchande en tête. Mais il paraît peu réaliste d’imaginer pouvoir le faire sans modérer aussi la croissance des dépenses sociales. « L’exception » française Les dépenses publiques de la France représentent 56,5 % du PIB en 2017. Écart à la moyenne des pays nordiques+ 3 points Écart à la moyenne des 11 pays de l'échantillon (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, Italie, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni Suède)+ 8 points Écart à la moyenne de l'Union européenne+ 13 points Où la France dépense plus ? Prestations monétaires : retraites, chômage, minima sociaux et allocations familiales…20 % du PIB (+ 4,3 points par rapport à la moyenne)Pourquoi ? Le choix d’un système de retraite par répartition entièrement public. Services sociaux et culturels : santé, éducation, loisirs et activités culturelles…17 % du PIB (+ 0,4 point par rapport à la moyenne)Pourquoi ? Pour le poste santé, l’écart à la moyenne européenne représente à lui seul + 1 point de PIB. Services généraux : défense, police, justice et administration générale (État et collectivités territoriales)9 % du PIB (+ 1,1 point par rapport à la moyenne)Pourquoi ? Les dépenses militaires sont sensiblement supérieures à la moyenne du fait de la détention de l’arme nucléaire. Soutien à l’économie : subventions et transferts aux entreprises et investissement public (hors social et régalien)6 % du PIB (+ 1,7 % point par rapport à la moyenne)Pourquoi ? Une propension plus forte qu’ailleurs à soutenir l’économie marchande par la dépense publique. La réponse relève d’un choix politique. France Stratégie éclaire trois scénarios possibles ayant pour objectif une baisse « structurelle » des dépenses publiques de 3 points de PIB sur cinq ans. Scénario 1 : Les dépenses sociales et régaliennes sont préservées Ce scénario revient à faire porter l’intégralité de l’effort budgétaire sur l’administration générale et sur le soutien à l’économie, soit un quart des dépenses. L'objectif est-il atteint ? Le scénario est-il réaliste ? Non. L’investissement local devrait par exemple être divisé par 2. À quelles conditions ? – 2 points de PIB sur le soutien à l’économie et – 0,8 point sur l’administration générale. Scénario 2 : Les dépenses d'éducation et de défense augmentent Ce scénario maintient la préservation des dépenses sociales, sauf celles liées à la santé, et modère les efforts sur l’investissement public. L'objectif est-il atteint ?Le scénario est-il réaliste ? Il faudrait en passer par des déremboursements ou une baisse de la prise en charge des soins. À quelles conditions ? – 1,6 point de PIB sur le soutien à l’économie et – 0,8 point sur l’administration générale. Scénario 3 : Des efforts modérés sont consentis sur les dépenses sociales Ce scénario plus équilibré projette une baisse modérée des dépenses sociales tout en augmentant les dépenses d’éducation et de défense. Il préserve l’investissement local pour préparer la transition écologique et modère l’effort sur la santé. L'objectif est-il atteint ? Le scénario est-il réaliste ? Oui À quelles conditions ? – 1,1 point sur le soutien à l’économie, – 0,6 point sur l’administration générale et – 0,9 point sur les prestations monétaires (retraites et aides sociales) Conclusion Réduire la dépense publique de 3 points de PIB n’est donc pas impossible moyennant de gros efforts sur les dépenses qui ne font pas l’objet de choix collectifs conscients – dépenses d’administration générale et aides à l’économie marchande en tête. Mais il paraît peu réaliste d’imaginer pouvoir le faire sans modérer aussi la croissance des dépenses sociales. Télécharger la note d'analyse 74 - Où réduire le poids de la dépense publique ? PDF - 2 301.2 KB Pour aller plus loin Les enjeux de modélisation pour évaluer l’impact macroéconomique de la transition climatique Au cours du premier semestre de l’année 2022, un groupe de travail, présidé par Jean Pisani-Ferry et organisé par France Stratégie... 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