Note d’analyse Quelle taxation du capital, avant et après la réforme de 2018 ? Dans le cadre des travaux du comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital, cette note analyse l’imposition effective des patrimoines et des revenus du capital entre 2011 et 2018, à partir de données inédites, fournies par l’administration fiscale. Elle s’intéresse aux foyers à hauts revenus financiers – définis dans la note comme ceux supérieurs à 10 000 euros annuels – et/ou redevables de l’ISF, soit au total 700 000 foyers, concernés à titre principal par la réforme votée dans la loi de finances pour 2018. Publié le : 30/09/2019 Temps de lecture 3 minutes Du fait de la corrélation entre revenus et patrimoines, l’ISF, quoiqu’il ne soit pas un impôt sur le revenu, contribue à augmenter la progressivité de l’imposition des revenus. Comparé à celui de l’IR, l'effet redistributif de l’ISF est cependant limité, puisqu’en moyenne, au sein des hauts revenus, l’IR acquitté dépasse largement l’ISF : pour les 0,1 % des foyers les plus aisés, l’IR est sept fois supérieur à l’ISF. Malgré un barème conçu comme progressif, le taux d’ISF dont s’acquittaient les ménages les plus fortunés diminuait avec leur niveau de patrimoine. D’une part parce que l’assiette imposable était exonérée de certains de leurs actifs (outil de travail, œuvres d’art, etc.). D’autre part parce que le mécanisme de plafonnement – la somme des prélèvements sociaux, de l’IR et de l’ISF ne devant pas excéder 75 % des revenus – concernait davantage les hauts patrimoines : parmi les 1 % les plus fortunés des contribuables à l’ISF, plus de deux sur trois étaient plafonnés. Au final, les 0,1 % les plus fortunés, soit 360 foyers, étaient taxés au titre de l’ISF à un taux d’imposition médian de seulement 0,2 %, contre 1,5 % de taux marginal dans le barème. Ces moyennes masquent une hétérogénéité importante : ainsi, au sein des 0,1 % les plus fortunés, 10 % payaient un ISF quasi nul… quand 10 % étaient taxés à un taux proche de 1,4 %. Le passage de l’ISF en IFI (impôt sur la fortune immobilière) a eu pour conséquence d’exonérer d’impôt sur le stock de patrimoine l’essentiel des contribuables ISF les moins fortunés. À l’inverse, parmi les 0,1 % très fortunés en 2017, seul un sur dix n’est pas contribuable à l’IFI en 2018. Quel que soit le niveau de patrimoine déclaré en 2017, les contribuables à l’ISF ont bénéficié de baisses d’impôt importantes, y compris les redevables de l’IFI : en moyenne, l’impôt acquitté a été divisé par trois et demi. Cela dit, la baisse médiane au niveau des foyers du top 0,1 % – dont 80 % bénéficiaient du plafonnement de l’ISF – ne représente que 0,1 % de leur patrimoine, contre 0,5 % pour le top 1 %, et 0,35 % pour le top 10 %. Les opinions exprimées dans cette note engagent leurs auteurset n'ont pas vocation à refléter la position du gouvernement Partager la page Partager sur Facebook - nouvelle fenêtre Partager sur X - nouvelle fenêtre Partager sur Linked In - nouvelle fenêtre Partager par email - nouvelle fenêtre Copier le lien dans le presse-papier Téléchargement Quelle taxation du capital, avant et après la réforme de 2018 ? Télécharger la note d'analyse 81 PDF - 1 428.3 Ko Thèmes Finances publiques Fiscalité Évaluation Publié par France Stratégie Auteurs Clément Dherbécourt Citer ou exporter Citer cette publication Fermer Citer cette publication APA Dherbécourt, C., & Lopez Forero, M. (2019, octobre). Quelle taxation du capital, avant et après la réforme de 2018 ? (La Note d’analyse n° 81). France Stratégie. Copier MLA Dherbécourt, C., and M. Lopez Forero. Quelle taxation du capital, avant et après la réforme de 2018 ?. La Note d’analyse, no. 81, France Stratégie, Oct. 2019. Copier ISO 690 DHERBÉCOURT, C. et LOPEZ FORERO, M., 2019. Quelle taxation du capital, avant et après la réforme de 2018 ?. La Note d’analyse n° 81. Paris : France Stratégie, octobre. 12 p. Copier Autres options d'export dherbecourt_lopezforero_2019_noteanalyse.ris Pour aller plus loin HCFiPS | Les fondamentaux du HCFiPS - Pourquoi un PLFSS ? Les lois de financement de la sécurité sociale couvrent 684 Md€ de dépenses en 2026. Leur importance dans le pilotage de la sécuri... Finances publiques Protection sociale Note 12 février 2026 Paris 2024 : au-delà des coûts budgétaires, quels bénéfices pour aujourd’hui et demain ? 📚 Dans une nouvelle note de synthèse, le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan dévoile les résultats d’une analyse coûts-bén... Macroéconomie Finances publiques Emploi/chômage Évaluation Infographie/datavisualisation 16 décembre 2025 Une nouvelle stratégie pour le spatial français et européen : viser haut mais viser juste « Le Plan est depuis toujours un carrefour. Il publie ses propres travaux d’éclairage et doit aussi relayer des idées extérieures,... Finances publiques Prospective Stratégie La Collection du Plan 06 février 2026
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