Note d'étape

L’innovation en faveur de la décarbonation - Note d'étape de la CNEPI

Dans un contexte d’accélération du changement climatique, la transition vers une économie bas carbone constitue l’un des défis du XXIe siècle. Mise au service de la décarbonation, l’innovation constitue aussi un enjeu majeur de compétitivité et de souveraineté. La France, l’UE et d’autres pays ou régions du monde ont ainsi lancé de multiples initiatives visant à promouvoir les technologies dites « propres ». À l’échelle mondiale, les technologies bas carbone représentent désormais plus de 15 % des dépôts de brevets, une part qui a doublé en vingt ans. La France, comme la plupart des pays européens, a vu diminuer son poids relatif dans ce domaine (4 % du total mondial, ces dernières années), avec l’émergence de la Chine et de la Corée du Sud.

Comment la France se situe-t-elle plus précisément dans la dynamique mondiale de l’innovation « bas carbone » ? De nouveaux travaux de la Commission nationale d’évaluation des politiques d’innovation (CNEPI), animée par le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, éclairent cet enjeu en dressant un panorama des évolutions à l’œuvre en France et dans le monde.

Publié le : 09/04/2026

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L’innovation, levier essentiel pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050

Certains leviers s’attachent à modifier les comportements du côté de la demande (sobriété) et de l’offre, sous l’influence des signaux-prix (via principalement la tarification carbone) et d’autres incitations (crédits d’impôts, subventions). D’autres passent par la réglementation ou consistent à développer des infrastructures adaptées, par exemple en faveur de mobilités décarbonées. D’autres encore misent sur des formes d’innovation non technologique ou à faible contenu technologique : nouvelles formes d’organisation ou de modèles d’affaires, innovation sociétale, etc. La décarbonation passe aussi par la mise au point de nouvelles technologies et donc par d’importants investissements en recherche, développement et innovation.

Un effort d’innovation en progression, mais une position inégale à l’échelle internationale

La France consacre entre 5 et 5,7 milliards d’euros par an à la recherche et développement (R&D) environnementale, soit environ 10 % de sa dépense intérieure de R&D. Malgré une croissance soutenue ces dernières années, cet effort reste inférieur à celui de plusieurs pays de l’OCDE, en proportion de leurs budgets publics de R&D. En revanche, l’hexagone détient une position comparativement forte pour l’effort de R&D en matière d’énergie décarbonée, en grande partie du fait du nucléaire. 

Une spécialisation persistante dans l’ensemble des technologies bas carbone, malgré des faiblesses dans certains domaines en forte croissance

À l’échelle mondiale, les technologies bas carbone représentent désormais plus de 15 % des dépôts de brevets, une part qui a doublé en vingt ans. La France, comme la plupart des pays européens face à l’émergence de la Chine et de la Corée du Sud, a vu diminuer son poids relatif dans ce domaine, qui s’est établi à 4% sur la période 2019-2022.

La France fait cependant partie des pays spécialisés dans les technologies de décarbonation, surtout celles concernant le transport aérien, le ferroviaire, l’énergie nucléaire, les combustibles issus de l’agriculture ou de déchets, ainsi que le captage et stockage du carbone. 

En revanche, elle est en retrait dans certains domaines en forte croissance mondiale tels que les technologies « propres » (cleantech) liées aux batteries ou aux technologies d’information et de communication. 

Un écosystème d’innovation dynamique mais soumis à des contraintes de financement 

La France dispose d’atouts importants, notamment grâce à ses organismes publics de recherche et à ses grandes entreprises, qui jouent un rôle majeur dans l’innovation bas carbone. Dans certains domaines, ses quelque 2 900 startups greentech rivalisent avec les grandes entreprises sous l’angle des dépôts de brevets. Cependant, le financement externe - en particulier via le capital-risque - reste insuffisant comparé à celui observé aux États-Unis, limitant la capacité des jeunes entreprises en France comme au niveau de l’ensemble de l’UE à se développer à grande échelle. 

Deux arbitrages décisifs pour atteindre la neutralité carbone

Face à ces constats, les politiques publiques doivent répondre à deux enjeux majeurs : 

  • arbitrer entre le déploiement immédiat de technologies existantes et l’investissement dans la conception et le développement d’innovations de rupture ;
  • concilier soutien aux solutions nationales et recours aux technologies étrangères les plus performantes en termes de coûts d’abattement.

Vers une nouvelle phase d’analyse des politiques publiques d’innovation

Pour approfondir ces enjeux et éclairer les choix de politique publique en la matière, la CNEPI a entamé en 2026 des travaux complémentaires portant notamment sur la comparaison internationale des politiques d’innovation et la cartographie des dispositifs français de soutien à la décarbonation.

Les opinions exprimées dans ces documents engagent leurs auteurs 
et n’ont pas vocation à refléter la position du gouvernement.

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Harfi, M., & Lallement, R. (2026, avril). Quelle est la place de la France dans le domaine de l’innovation bas carbone ? (Note de synthèse). Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan.
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Harfi, Mohamed, et Rémi Lallement. Quelle est la place de la France dans le domaine de l’innovation bas carbone ? Note de synthèse, Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, avr. 2026.
ISO 690
HARFI, Mohamed et LALLEMENT, Rémi, 2026. Quelle est la place de la France dans le domaine de l’innovation bas carbone ? Note de synthèse. Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, avril.

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